4 Passage Tourterelle
32000 - AUCH
La CGC et la CFTC ne participeront pas à la mobilisation sur les salaires, l’emploi et les retraites du 23 mars. Elles jugent le mouvement prématuré et les revendications trop floues. FO défilera bien, mais de son côté et avec ses propres revendications, notamment sur les retraites.
Le gouvernement s’en frotte déjà les mains. Avant même le début officiel des concertations sur les retraites et sur l’emploi, en avril, les syndicats font étalage de leur art de la division. Ces derniers jours, la CFTC et la CGC ont indiqué qu’elles ne participeraient pas à la mobilisation interprofessionnelle du 23 mars, appelée par cinq syndicats (CGT, CFDT, FSU, Unsa, SUD) à l’issue du sommet social du 15 février. La centrale chrétienne juge le mouvement « prématuré » et la CGC dénonce en outre son caractère fourre-tout. Elles craignent notamment qu’à confondre vitesse et précipitation, l’intersyndicale ne se condamne d’entrée à un mouvement sans souffle. FO défilera seul à Paris
Pour compléter le tableau, FO se distingue en se plaçant à michemin : elle mobilisera bien le 23 mars… mais en organisant son propre défilé parisien et en laissant à ses organisations régionales le choix de participer ou non aux rassemblements avec les autres syndicats. Une pierre dans le jardin de la CGT et de la CFDT, à la tête d’une intersyndicale que FO qualifie de « structure quasi institutionnelle privilégiant le contenant en anesthésiant le contenu. » Pour tenter de faire fi de leurs divisions sur les retraites, elles ont de fait bâti un appel à mobiliser où le sujet n’est que vaguement effleuré afin de laisser chacun libre de l’inclure ou pas dans les mots d’ordre revendicatifs auprès de ses troupes. Une « ambiguïté » et une timidité que dénonce fortement Jean-Claude Mailly, leader de FO, pour qui « la réforme des retraites est le sujet prioritaire ». Elle figurera à ce titre au coeur des défilés du syndicat le 23 mars. Ces divergences entre syndicats viennent confirmer qu’en agitant puis en retirant le chiffon rouge d’un calendrier très accéléré sur la réforme des retraites, l’Elysée leur a habilement coupé l’herbe sous le pied tout en ravivant les tensions entre eux.
Dans ce contexte, la réforme des retraites sera dans toutes les têtes le 23 mars mais pas sur toutes les banderoles. Au risque, réel, que les salariés n’adhèrent que très moyennement à une mobilisation dont ils ne comprennent clairement ni les mots d’ordre ni l’objectif. Un écueil qui avait déjà provoqué l’essoufflement des mobilisations de l’an passé contre la crise.
D. P.
Les Echos